Marie-Agnès DUPAIN


      

ARCACHON : «UNE MER QUE J'AI EN DEDANS»

Je me rends au fond du Bassin pour quelques jours, là est mon bonheur. La marée y arrive péniblement ou non, selon le coefficient, deux fois par jour (ou la nuit) et les oiseaux se rient de nous depuis les vasières.
Cette année, les cigognes ont fait une entrée remarquée dans le ciel de Lanton-Cassy ; elles volent en cercle, haut au-dessus de la table. Depuis notre arrivée, un rossignol s'est fait entendre avant le soir dans la petite chênaie à côté de la maison des ostréiculteurs en retraite dont nous occupons une petite aile. Des ailes aussi, au pluriel puisque nombreuses, celles les Aigrettes garzettes qui chaque soir vers 21 heures, rejoignent venant de tous les horizons du Bassin, le dortoir du bois de Suzette, juste après les anciens réservoirs à poissons. Ailes encore, celles des Goélands et des Mouettes rieuses et puis celles des canards et des Cygnes tuberculés blancs qui sont posés sur l'eau lointaine, à la limite du vaste espace découvert par la marée. Ailes pour elles, ces quelques espèces dont un couple de Huppes fasciées qui a émigré depuis l'été dernier, partant des Tamaris face à la maison jusqu'aux arbres situés en bout d'esplanade.

Tout se voit depuis le modeste logement meublé et décoré dans les années 1950 et somptueusement situé ouvert sur la mer d'Arcachon. Notre petite famille regarde aussi passer les baigneurs à l'heure de pleine mer, les plaisanciers venus à leurs mouillages et surtout quelques chercheurs de vers pour la pêche ou de coquillages. Le soir, en ce mois de juillet, l'endroit retourne en grande partie au silence et le sémaphore à la lumière bleue accompagné du somptueux phare du Cap-Ferret aux signaux rouges servent de repères affectifs, au sud-ouest et au-dessus de l'eau miroitante ; en préambule, la langue de terre de Lège-Cap-Ferret s'est embrasée au coucher du soleil.





      

 
 



      

      

 
 



     

    

 
 



      

      

 


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