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Les vacances sont là…
Théo s'était allongé sur son lit pour rêvasser. La nuit était tombée depuis longtemps mais il n'avait pas sommeil. Il ne s'était pas déshabillé et ne s'était pas enfoui sous les draps comme à son habitude. Il faisait trop chaud. Les vacances étaient arrivées depuis quelques jours en même temps d'ailleurs que le bulletin de notes du dernier trimestre. Sans aucun doute, ils s'étaient donné rendez-vous : le bulletin et les vacances ! Le bulletin avait été classé « satisfaisant dans l'ensemble » pour le plus grand soulagement de Théo. En effet, ses parents accordaient beaucoup plus d'importance à celui-ci qu'au bulletin de la météo. Et pourtant, Théo savait que les notes ne correspondaient jamais à ce que l'on avait prévu. Elles étaient encore plus capricieuses que le temps même si parfois ce dernier était parfois responsable des notes. Il faut dire que les élèves étaient sensibles à la pluie qui frappait aux vitres des fenêtres de la classe, aux feuilles mortes qui voltigeaient sous leurs regards attentifs ; certains faisaient même des paris sur leurs destinations. Théo n'aimait pas ce jeu de hasard qui l'obligeait à monter sur la table pour suivre le trajet de la feuille et surveiller l'aire d'atterrissage. Mais ce que ses camarades appréciaient le plus, c'était lorsqu'un rayon de soleil traversait la salle car chacun tentait de s'en emparer pendant que le professeur continuait de papoter seul. Mais souvent, il avait vite fait de rétablir la situation. Cela faisait partie de ses compétences. C'était son rayon à lui. Pour en revenir au bulletin, Théo trouvait que les professeurs manquaient de discernement dans la rédaction des appréciations. Certains ne pouvaient s'empêcher de mettre des remarques désobligeantes. Ils lui reprochaient par exemple son manque d'écoute. Et pourtant, Théo savait que c'était l'inverse. Mais il n'avait que deux oreilles et s'il écoutait les histoires d'Ali, son voisin de gauche et celles de Mélanie, sa voisine de derrière, indubitablement, il lui manquait une oreille pour écouter celle du professeur. Argument difficile à faire entendre. Enfin ! Pour les vacances, Ali s'était rendu dans son pays pour retrouver ses amis, Mélanie était allée chez ses grands-parents et la sœur de Théo dans une colonie de vacances pour tout le mois de juillet. Seul Pistache, le chat de la maison avait accepté de rester avec lui. Il faut dire que chat n'avait pas eu d'autre choix. Écrasé de chaleur et épuisé par sa journée, le félin sommeillait sur le gros pouf en ouvrant de temps en temps un œil. Il passait tout son temps à grimper aux troncs des arbres et à sauter de branche en branche. Théo se leva de son lit et sortit de sa poche son appareil photographique. De la taille d'une boîte d'allumette, disons une grosse boîte, Théo ne s'en séparait jamais. Même la nuit. Il voulait toujours être prêt à photographier ne serait-ce que la lune lorsqu'elle apparaissait toute timide derrière un gros mouchoir de nuages. Cet appareil photo numérique sans gadget, sans zoom n'en était pas moins un appareil de qualité. Il était d'autant plus redoutable que personne ne semblait y faire attention et que les personnes se retrouvaient prisonnières de ce boîtier, sans s'en rendre compte. C'était un cadeau de son oncle, celui-là même qui lui avait peint un palmier sur le placard à deux battants de sa chambre. Il fit quelques portraits de Pistache enfoncé dans son pouf. Clic, une photo ! Mais le chat préféra prendre une pose. Il sauta à terre et se mit sur le dos face à Théo, en pleine pose. Clic, une autre photo ! Théo put en faire une série car Pistache adorait ces séances de photographie ; il savait que Théo le récompensait toujours en lui donnant un yaourt à la vanille. Soudain, Pistache se leva d'un bond et s'immobilisa devant la fenêtre. ce qu'il avait vu ou aperçu, Théo ne le sut pas. Du moins pas tout de suite. le comportement du chat le surprit. La nuit était calme et, hormis le cerisier qui lui tendait ses branches, il était difficile d'apercevoir quoi que ce soit si ce n'était les étoiles. Justement, c'est au moment même qu'il regardait le ciel qu'il vit une étoile filante arriver droit dans la chambre. Elle avait ébloui la pièce et fait trembler le lustre. Comme la fois précédente1, elle traversa la porte de son placard comme attirée par le palmier peint sur les battants. Heureusement, Théo avait eu le temps de se jeter sur le lit pendant que Pistache, lui, s'était réfugié dessous. - Pistache, tu as vu cela ? Mais le chat observait la pièce avec des yeux tout aussi apeurés qu'intrigués. Il ne bougeait pas d'un poil et semblait pétrifié. Pourtant, il devait connaître les étoiles, lui qui passait le plus clair de son temps sur les toits…
Théo se leva et se précipita dans le placard. A peine se fut-il introduit dans le réduit qu'il sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il bascula et il sentit son corps rebondir sur les marches d'un escalier. Il se retrouva sur un terre-plein. Le sol au-dessus de lui s'était refermé… Tout comme la dernière fois.
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